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le CR réponse de Yéti47

Publié le par G58

  • Oui, en effet, je peux en dire + !!!!

    Disons que de prime abord, ça fait bizarre quand un gars te dit texto :

    "Viens chez moi, on va rouler dans mon jardin....."

    Tu comprends quoi toi ?

    1-Au mieux: "J'ai du terrain et je me suis construit un pump Track"

    2-Au pire : "Ch'uis un pervers et je vais te niquer derrière la laurière, entre le thym et le romarin....."

    Ben non...Ni l'un ni l'autre....au final c' est moins tordu comme affaire...simplement rouler dans les collines avoisinantes, où sont concentrées de petits bijoux de montées& descentes dans un petit périmètre. Périmètre ? Je devrais plutôt dire "Mouchoir de poche" !!!

    Tout cela est tracé de manière intelligente par Gaël et ses potes. Je dis "intelligente" car:

    -Un même single peut être monté ou descendu en prenant les bifurcations adaptées

    -L' optimisation de la prise de D+ a été faite de manière scientifique par endroits à l' altimètre !!! Et oui Papa, ça ne s' invente pas !!!

    -Les travers en dévers ont été soigneusement aménagés pour stabiliser le single : on prilégie ainsi le maintien de la vitesse afin d' y laisser le moins de cartouches possible (pas le cas de tous les travers que j' ai pu rouler dans le coin...)

     

    Et pour que ces petits bijoux restent dans un état suffisamment sauvages, les entrées sont jalousement cachées ou volontairement embouteillées afin d' éviter les incursions d' engins motorisés dits "verts"....

     

    Engins motorisés qui, de par le bordel qu' ils génèrent, nous ont valu une discussion qui démarrait de manière hostile au lieu dit Bouydou avec le proprio du chemin privé. Une fois que nous avons eu levé l' amalgame présent à l' esprit de ce brave monsieur, nous avons pu reprendre notre chemin, mais ça en dit long sur le tort que provoquent ces gus....je mets les motos, les quads et les buggies dans le même panier !

     

    Pour en revenir aux chemins, ben OUI, ils sont de toute beauté et re-OUI, ils sont encore + beaux car ils sont "secrets" !!!! Le proprio cité + haut avec lequel nous avons discuté est un chasseur qui au hasard de ses sorties est tombé sur certains de ces singles...Lui qui croyait si bien connaitre ces collines, ne se doutait pas que ces chemins existaient.

     

    En résumé : Vous croyez connaitre "Magic Lot" de par les singles roulés au cours des multiples randos organisées ? C' est bien....mais sachez également qu' il existe des jardins secrets comme celui de Gaël qui rendent le Lot + que "Magic"...Là c' est carrément "Mystic Lot" !!!!

     

    PS: Encore Merci l' Ami !!!

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Roc Montcuquois 2014 Nocturne: le CR de Piw des 4 fantastiques !!

Publié le par G58

Voici le CR du Roc Montcuquois nocturne de Piw des 4 Fantastiques

 

UN WEEK-END AU ROC MONTCUQUOIS !

SUR LES TERRES DU QUERCY BLANC DE JOUR COMME DE NUIT !!

 

DSC01370             Il y a peu, le ciel se disputait entre nuages et éclaircies, dans une atmosphère encore très printanière. Certaines journées étaient d'une telle fraîcheur qu'il n'était pas rare que de revoir de longs panaches de fumées blanches s'échapper des cheminées. Le temps n'était pas des plus attrayant, et l'impression d'un hiver interminable était de nouveau dans tous les esprits. Pourtant, sans que l'on s'y attende, ces premiers jours du mois de juin firent taire toutes les diatribes, un tantinet répétitives, que les foules et les médias rabâchaient à longueur de journée. Les températures firent un bon fulgurant, plongeant nos terres et nos contrées en plein cœur d'un été que nous n'attendions pas vraiment. Les champs ne mirent pas longtemps à prendre leurs jolie palette de couleurs dorées, et les agriculteurs commencèrent à faucher les herbes qui allaient bientôt devenir le fourrage qui nourrirait les bêtes l'hiver prochain. Mais pour nous, loin de telles préoccupations, seul le plaisir de rouler sur des chemins enfin sec primait. L'on allait enfin pouvoir sortir de cette gangue hivernale, humide et fraîche et retrouver tout le charme d'une nature à l'apogée de son cycle.

 

             Nous sommes le samedi sept juin. Le soleil tape fort et la journée qui vient de s'écouler fut l'une des plus harassante depuis longtemps. Il est un peu plus de dix-neuf heures lorsque je quitte le travail. Malgré l'heure somme toute tardive, il fait encore très chaud. Je monte dans la voiture, laissant quelques instants à mon esprit le temps de refermer les portes de cette semaine de labeur. Sur le pare-brise arrière, mon fidèle SCOTT s'impatiente sûrement du week-end qui nous attends. Ha, s'il pouvait parler, il serait très certainement entrain d'accélérer le rythme, de mettre le contact et de démarrer la voiture au plus vite. Fébrile, il le serait tout autant que moi car rare sont les occasions de vivre ce que nous allons vivre ce soir et demain. Sur les sièges arrières, glacière, tente et sac de couchage se partagent la place avec mon équipement habituel de chaque randonnée. Je monte le son de l'autoradio, ouvre la vitre en grand, chausse mes lunettes de soleil, et après une grande respiration, prend enfin le départ pour Montcuq et le cinquième DSC01372Roc Montcuquois que nous allons vivre de nuit et de jour !

 

             Il est pas loin de vingt heure lorsque je retrouve mes collègues au petit camping municipal du village. L'imposante tour, seul vestige du château de Montcuq, date du XIIème siècle est est haute de près de vingt-quatre mètres, domine les environs et semble pareille à un phare guidant les marins. Ludo et Nathalie sont déjà installés et me regardent d'un air amusé alors que je galère dans le montage de la tente. Bientôt rejoins par Jean-Michel, nous terminons notre repas pas vraiment diététique mais ô combien reposant entre rondelles de saucissons et pâté maison, allons nous inscrire sur le circuit de vingt kilomètres, terminons les derniers réglages, un dernier test des lampes et nous nous dirigeons vers le pied de cette fameuse tour pour prendre le départ de cette rando nocturne en terre Quercynoise.

             C'est par petit groupe de cinq à dix personnes que les départs sont donnés afin de ne pas créer de bouchons dans les ruelles étroites du village. Notre tour arrive bientôt. Le soleil ne tardera plus à disparaître complètement derrière l'horizon, laissant la place à une toute autre ambiance, plus fraiche, plus silencieuse, plus calme aussi. Mais pour l'instant nous profitons encore des dernières lueurs du crépuscule. Nous dévalons les ruelles sans grandes assurances, préférant même poser pieds à terre lorsque quelques marches se présentes à nous. Bien vite nousDSC01373 trouvons le premier chemin. A peine venions nous de faire cinq-cent mètres que déjà l'ampoule de ma lampe au guidon rend l'âme, me laissant presque dans le noir si ce n'est la faible lueur de la frontale solidement attachée sur le casque. La soirée commence bien. Bientôt, nous voilà dans la première montée. Le chemin n'est vraiment pas large et déjà, les bouchons que nous avions évité dans les ruelles font ici leur apparition. Nombreux sont ceux qui poussent le vélo, au milieu de nombreux cailloux et racines. L'ascension est longue, et les kilomètres suivant, jusqu'au ravitaillement en fait, ne changeront pas vraiment de régime. La nuit s'installe. Par endroit, la pénombre est totale, d'épais tunnels de buis ne laissant même plus passer la lueur feutrée de la Lune et des étoiles. Il est rare que de rouler seul, mais quand cela arrive, tout change. Pas un bruit autour de vous, une impression de vide, si ce n'est ce petit halo lumineux devant votre roue. Le noir. Pour peu que l'on se laisserai facilement gagner par l'angoisse, de tels moments deviendraient vite une torture mentale. Mais c'est aussi l'occasion, à la fraîcheur nocturne, de complètement s'évader, nul autre meilleur moyen que celui-ci pour se vider complètement l'esprit, ne penser à rien, et se sentir seul, comme perdu, égaré, et pourtant si confiant. Par moment, un peu en avant ou plus en retrait, l'on aperçoit une longue trainée de lumière, comme une guirlande rompant cette torpeur nocturne. Le ravitaillement se présente bientôt, sous la charpente d'une ancienne grange. Le stand est bien garni et l'instant fait du bien.

 

             Nous venons de faire la moitié de cette rando nocturne, et la suite sera nettement plus roulante. Nous gagnons les hauteurs, pour de larges et longues pistes. L'air s'est bien radouci à présent, et quel bonheur que de profiter de tels instants ! Les étoiles semblent veiller sur notre progression, alors qu'au loin, aux limites de l'horizon, éclatent des orages dans un tumulte d'éclairs incessant. Ici, la lueur lunaire nous apporte un certain réconfort. « La nuit, tous les chats sont gris » dit le proverbe. Impossible de deviner les reliefs du sol, tout paraît plat et lisse ! Rien n'est pareil. Les montées ne semblent pas être ce qu'elles sont, les obstacles deviennent invisibles, l'anticipation dans le changement des vitesses est quasi inexistante, la vigilance est à son paroxysme dans les descente. Une autre approche du vtt. Une DSC01374approche vraiment dépaysante, où le rythme est divisé par deux, où les prises de risques sont calculées et bien souvent maximisées. L'allure générale est du genre « promenade ». Oubliées les pointes de vitesses, les coups de bourres avec un collègue et les gamineries générale. Rien de tout cela ici, juste rouler, papoter, rires, profiter de cette chaleur humaine et de liens sociaux bien réels, que l'on ne trouve guère dans le virtuel, si présent dans nos vies depuis quelques années. Un retour aux sources, voilà ce que m'inspire une telle soirée. Un grand retour aux sources, juste le fondamentaux, et pour quelques heures oublier tout le reste, faire fît de cette vie qui vous pousse toujours plus vite, appuyer sur STOP et ralentir le rythme. C'est tout. Ni plus ni moins. Simplement. Profiter de ce grand bol d'air, se retrouver et finalement, se rendre compte que cette simplicité est le meilleur remède contre la morosité et la meilleur façon de se ressourcer !

 

             Il n'est pas loin de minuit lorsque nous regagnons le pied de cette fameuse tour. Un deuxième ravitaillement nous y attend. Pointage obligatoire afin que l'organisation sache que tous le monde est rentré. Un discute un petit moment avec les bénévoles en place, faisant l'éloge d'une telle soirée. Soirée qui va se terminer vers deux heures du matin, après avoir rejoint le camping, dégusté une bonne tourtière accompagné d'une bonne bière à refaire le film de cette soirée en excellente compagnie ! Et pourtant, ce week-end débute à peine... Et le gros morceaux nous attend demain, avec la version « diurne » de ce Roc et le circuit de presque cinquante kilomètres qui nous tend les bras ! La nuit va être courte...

 

A SUIVRE...

 

vlcsnap-2014-06-10-22h59m00s70vlcsnap-2014-06-10-23h01m12s129vlcsnap-2014-06-10-23h02m25s93

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Dim 29 juin 2014: Yéti47 en Guest Star

Publié le par G58

Empêché de participer au récent Roc Cadurcien pour cause de baptême, Yéti47 me rejoint ce dimanche et c'est avec grand plaisir que je décide de lui en offrir un extrait ON  et surtout OFF!!!

Pas de roulage donc ce samedi, car avec le Yéti, on sait à quoi on s'attend......faudra des cannes......car les bosses il les affectionne particulièrement.

Nico se joint à nous  (du moins pour la 1° partie du trip....maudit portable qui sonne et te somme de revenir !)

Le Y47 connaissant déjà une grosse partie du Roc, c'est sur la zone de Mercuès, "mon Jardin" que j'ai choisi de l'emmener.

D'entrée, on attaque par du OFF: la très longue montée de la Zonarde, parfait single pour se faire les jambes. On débouche sur le plateau et on enquille le chemin privé de Bouydou quand soudain on est interpellé de loin par la proprio qui vocifère à tue-tête. Bien vite, son homme rapplique pour nous interdire le passage. S'en suit une longue conversation des plus sympathiques qui arrange vite les choses, comme quoi, négociation vaut mieux qu'affrontement!

C'est ici qu'on récupère le tracé ON du Roc par le Mas Deleu puis la très belle descente de l'Ours.

Une flèche jaune est encore en place, elle prend la direction de ma poche instantanément. Nous poursuivons en longeant la voie ferrée et son long single caillouteux puis c'est la montée du Grand S que Gégé s'est empressé d' obstruer au départ, cause que des quadsquifontchier montrent souvent le bout de leurs roues!!!

La montée régulière se fait à la fraîche, le temps pour l'instant est nickel.

Passage au ravito 2 (sans ravito!) puis on s'enfile dans les Balcons.On zappe la boucle 2 et on poursuit sur le travers de la Remise puis la magnifique descente de l'OTB et ses 4 marches finales: un régal (Freddy l'adore celle-là !)

La suite est royale puisque je guide mon hôte (en mode ON) vers le Chaos et les Ténèbres. Bien brieffé, il passe tout en mode challenge et  n'aura pas besoin de réclamer le remboursement de son casque !!

La Bergère déroule ensuite son long ruban herbeux jusqu'à la Voie ferrée qui nous ramène devant la maison. C'est le moment de poser les flèches oubliées.

À l'ouest, de gros nuages noirs s'annoncent. Qu'importe, on repart direction le château, pour une courte halte due à l'averse suivie d'une visite du parc avec méga point de vue sur la vallée: Cahors et Pradines semblent sous le déluge.

Le cap est mis sur la Vierge, le ravito 3 (où sont les femmes ?) puis la descente de Mal'hic (en version intégrale cette fois). Des traces fraîches apparaissent......m'est avis qu'on va être visités maintenant !!

Petit bout de bitume en bas où l'on s'aperçoit que la peinture éphémère s'est bien estompée en si peu de temps. Remontée par les Molles Terres puis les balconnets (mode ON). On met le cap sur l'Amonite chère à Gégé puis je choisis l'option difficile pour Jérôme: la descente de la Madone.

C'en est terminé du mode ON: à partir de là, ce n'est que du OFF, des boucles 4, 5, 6  .......pléthore de propositions toutes plus intéressantes les unes que les autres!

La remontée par le chemin des Evêques voit son petit instant historiquement culturel avant de s'engouffrer dans les balconnets pour sortir par une option différente de la précédente.

Le prochain objectif est la fameuse Goulotte: un brieffing nécessaire et en avant sur les freins. Hélas, (et je m'en doutais ) ce boyau étant un fossé d'écoulement des eaux, nous devons stopper à 3 reprises pour enlever les branches en travers et les pierres qui y ont roulé ! mais le potentiel est énorme dans cette descente et mon hôte apprécie grandement.

Nous remettons les gaz pour l'ascension de la Fontaine St Martin (Yéti en mono plateau XX1 s'en acquitte finger in the nose!) puis nous évitons le chemin privé par une autre option "publique"  (merci le proprio de tout à l'heure)

L'heure déjà avancée n'étant pas un pb, j'offre  à mon invité la toute nouvelle Nirvana et ses nombreuses cassures: bonheur total.

À présent faut s'avaler du D+ conséquent: la remontée directe vers l'Oppidum (mes jambes calent un peu dans le passage caillouteux) puis on en termine avec la très longue descente des Graviers avec 39 km pour 1235 m de D+.

La sortie intégrale s'est faite dans un périmètre ultra restreint, voici le profil (pour la carte, une autre fois.....peut être!!)

 

Sortie 29 06 14 Yéti47

 

L'instant est venu de siroter une et même deux bonnes binouzes, elles étaient tellement bonnes qu'on n'a même pas  pensé à faire des photos (ni pendant le roulage d'ailleurs !)

 

Tandis que mon invité reprend la route, la flotte se met à tomber copieusement. Dame nature nous a épargnés, c'était fait exprès !

Depuis le temps qu'il devait venir, Yéti47 j'espère, s'est régalé: peut être pourra-t-il en dire plus dans les commentaires?

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Roc Cadurcien 2014: la video de Seb

Publié le par G58

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Dim 29 Juin: St Vite

Publié le par G58

affiche2014img 001

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Roc Cadurcien 2014: la video de Bailleul

Publié le par G58

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Roc Cadurcien 2014: le CR de Piw

Publié le par G58

NOUS Y SOMMES !

LE ROC CADURCIEN, LA RANDO QUI VOUS

POUSSE AU BOUT DE VOS LIMITES !!

(Dixit Piw des 4fantastiques  )

 

vlcsnap-2014-06-26-22h15m09s226             Il y a, comme ça, dans la saison, deux ou trois randonnées qui vous poussent au bout de vous même, aux limites mentales et physiques de votre organisme, vous obligeant à y puiser l'énergie et la volonté toujours plus loin... Le Roc Cadurcien est l'une d'elle. Sans nul autre pareil, ce Roc, loin de faire dans la dentelle, va au contraire repousser toujours plus les limites d'un pilotage toujours plus technique, pour au final, laisser un souvenir éternel et impérissable. Il en va ainsi que de ce Roc, qui se mérite autant qu'il s'apprécie, comme une lutte perpétuelle contre soi-même, une lutte où la place au doute et interrogation n'est pas permise, une lutte pour avancer, rouler, toujours, appuyer sans cesse sur les pédales, pour découvrir des beautés que chacun a su mériter et qui se partagent sans demi-mesures, le Roc Cadurcien, c'est tout cela, et bien plus encore... Mais à l'heure du départ, nous ignorions alors tout de ce qui nous attendait, et c'est dans une insouciance presque juvénile que nous donnions nos premiers tours de pédales...

 

             Il est huit heures quinze. Le départ est libre. Ludo, Nathalie et moi-même sommes bientôt rejoint par Adrien. Nous quittons ce petit village qu'est Lamagdelaine, sous un ciel menaçant mais à la température idéale. Rapidement, nous trouvons les bois. Un premier long single serpentant en dévers sur le flanc d'une colline où quelques chevaux éparpillés semblent surpris par notre passage. Déjà, le rythme est donné : ce sera lent ! Tenir l'équilibre tout en sinuant entre des arbres aux troncs fins n'est pas chose aisée. Nous ne sommes qu'au balbutiement de cette matinée mais vlcsnap-2014-06-26-22h16m12s80nous comprenons dès lors que celle-ci va être épique ! Lorsque l'on quitte cet étroit tunnel végétal, c'est pour trouver la première montée d'aujourd'hui. Voilà pourtant peu de temps que nous roulons et comme l'on pouvait s'en douter, il va faire chaud, très chaud même ! Et à mesure que nous gagnons les hauteurs de Mels, l'air se réchauffe considérablement. D'ici, le ciel nous semble plus bas. La transpiration ruisselle, déjà, sous nos casques de plus en plus lourd. Conscient qu'en venant rouler ici ce matin nous ne devions pas nous attendre à trouver de vastes et larges chemins et pâtures, nous n'imaginions pas cependant y trouver tant de passages et sentiers donnant au mot « technique » toute sa signification ! Sur le sommet du premier des nombreux Pech que nous allons « visiter », c'est à présent dans un décor des plus typique que nous évoluons. Vieux murets aux pierres blanchâtres et grisâtres, chênes aux troncs torturés et aux racines proéminentes, herbes cent fois séchées par un soleil estival des plus généreux, bref, le Lot dans toute sa splendeur, dans toute sa prestance. Nous arrivons au premier point d'orgue, là où les « Waouh » et les «  Putain que c'est beau » fusent en tout sens. A la sortie du sentier, les derniers arbrisseaux cèdent leur place à un panorama des plus remarquables. Nous voilà perchés à plusieurs dizaines de mètres de hauteur, sur cette falaise escarpée, dominant les vallées Lotoise comme jamais. Courage à ceux qui ont le vertige mais l'impression de pouvoir toucher les nuages du bout des doigts est juste magique. L'on se prendrait à rêver, se sentir le maître du monde, tout en étant certain de vivre quelque chose de rare et unique. Nous sommes là, comme figés, perdus entre un instant et l'éternité, à peine conscient que ces deux notions temporelles n'ont à présent plus aucune valeur, plus aucune signification, contemplant ce spectacle qui s'évade dans l'infini de l'horizon.

vlcsnap-2014-06-26-22h18m16s111             Le retour à la réalité se fait doucement, progressivement. C'est que tout n'est pas rose pour redescendre dans la vallée ! Cette descente est technique, quelque-fois proche du bord, ailleurs, quelques hautes marches imprévues, puis c'est de virages en épingles que, dans un véritable concert de plaquettes grinçantes et de bruits de dérapages, que nous arrivons sur le plat salvateur, non loin de Laroque-des-Arcs. Voilà un autre aspect qu'il ne faudra point négliger aujourd'hui : pas question de compter sur les descentes pour se reposer et récupérer ! Toujours très techniques, celles-ci vont mettre à mal cuisses, mollet, allant jusqu'à engourdir les doigts et les mains et tétaniser bras et épaules. Pourtant, pas vraiment le temps de souffler que déjà nous voilà arpentant le Pech Crabel par un sentier étroit et au dévers très prononcé. Ici, place à la marche et au portage. C'est donc un long moment après que nous atteignons les hauts plateaux du cosse du Pech de Coutal. Rapidement, la prochaine descente s'amorce. Nous voilà dans un « No man's land » créé de toute pièce sur ce versant abrupt au milieu des Bois de Pountis. Ça descend fort, ça glisse, aucune accroche au milieu de cette pléthore de virages en épingle plus serrés les uns que les autres. Certains collègues se jouent de la gravité et dévalent l'ensemble dans une assurance remarquable. D'autres, et j'en fait parti, ne restent pas longtemps en selle et préfèrent achever à pied, dans une assurance, pour leur part, maladroite. Finalement, c'est sur le bord de la route encaissée dans ce vallon que nous allons trouver le premier ravitaillement, aux alentours des douze kilomètres.

             Nous profitons de cette pause, avec parcimonie cependant. L'on en vient à penser que si la trentaine de kilomètre restante est du même acabit, l'on risque d'en baver... Et cette fameuse trentaine de kilomètre, elles sera bien pire...

 

vlcsnap-2014-06-26-22h19m50s20             Nous allons le constater sitôt la pause terminée. Nous retrouvons la forêt pour une très longue montée. Un virage à quatre-vingt dix degrés habilement négocié et l'on ressort sous ce soleil de plomb, retrouvant des décors arides. Malgré tout, au milieu de cette nature sèche et jaunie, nous découvrons les tours et fortifications du magnifique château de Roussillon. Superbe, celui-ci domine depuis sa butte la combe de la Curade d'une centaine de mètre. Construit du XIIIème au Xvème siècle sur les vestiges d'une place forte du XIIème siècle appartenant au Duc d'Aquitaine, celui-ci comportait à l'origine huit tours, trois corps de logis, une chapelle et un cloître. Le roi Louis XIII y fît halte en 1632 avant qu'il ne soit peu à peu délaissé par ses propriétaires au début du XVIIIème siècle. Aujourd'hui, après plusieurs années de restauration, celui-ci possède des parties habitables tout en ayant retrouvé une partie de son aspect antérieur(*). Nous nous arrêtons un court instant afin de profiter de l'édifice.

             Les quelques kilomètres suivants, nous menant jusqu'à Saint-Pierre-Lafeuille seront les plus calmes de la matinée. Ici, les descentes se veulent plus rapides et les montées moins longues et moins pénibles. C'est donc plus « facilement » et plus « rapidement » que nous allons rejoindre Calamane, par des monotraces très ludiques, sans vlcsnap-2014-06-26-22h23m14s11trop de difficultés, histoire de se faire plaisir sans craindre une mauvaise chute. Sur les plateaux de Grand Causse, l'on roule à bonne allure, sur une large piste, dans des environnements tranchants radicalement avec les causses rocailleux. Finalement, nous terminons ces kilomètres « reposant » dans les bras de la Combe de Lacroix, d'où le superbe pont du chemin de fer aux pierres orangées n'a que faire de notre fuguasse passage. Les choses sérieuses reprennent. Nous filons le long de cette voie ferrée, le long d'un sentier cassant. Bientôt la montée par excellence s'annonce. Partir de zéro et grimper, grimper encore, jusqu'à ne plus avoir aucune notion de distance, ne plus savoir combien de mètres, de kilomètres vous venez d'avaler, dans un nombre de tour de pédales lent et pourtant faramineux. Il fait chaud, très chaud, certains poussent leur monture, la mine presque déconfite, la transpiration recouvrant leur visage rougis par l'effort. D'autres ne veulent pas abandonner, déconnecte leur esprit afin de faire fit de toute émotion, de laisser derrière soi abdication et résignation et pédaler, encore, toujours plus fort, même si la fin semble ne jamais se présenter. Voilà pourquoi nous sommes ici aujourd'hui, savoir jusqu'où nous sommes capable d'aller, jusqu'où la lutte entre notre corps et notre esprit est capable de nous emmener. Et enfin, après des minutes semblables à des heures, le deuxième ravitaillement vient mettre un terme à ce combat si singulier que chacun aura su mener à sa façon, repoussant toujours plus loin les limites de son « moi ».

             Nous voilà arrivés au ravitaillement. Envolées les résolutions que d'y manger raisonnablement. Nous attaquons la saucisse, le pâté, sans oublier les oranges et les pruneaux pour les vitamines. Rassasiés, les bidons et poches à eau de nouveau remplis, nous démarrons pour la dernière partie, et non des moindres, de ce Roc surprenant.

 

vlcsnap-2014-06-26-22h26m46s52             Sitôt dit, sitôt fait. Nous voilà déjà replongés au cœur de ces monotraces joueuses et piégeuses. Bien vite, l'affaire se corse lorsqu'il s'agit de cavaler sur des traces dont même les chevreuils doivent couvrir avec prudence. Ha certes, l'endroit est somptueux, sauvage, loin de tout. Les collines vous faisant face, le château de Mercues apparaissant et disparaissant au gré de la végétation, le décor est on ne peut plus magique. La trace est sans commune mesure avec ce que l'on a fait jusqu'à lors. Le tertre est abrupt, la végétation se pare par endroit de nombreuses épines, les murs à demi effondrés à franchir se font plus nombreux et les passages à pieds aussi. Pourtant, c'est un réel plaisir que de découvrir cette région sauvage, même si notre corps tout entier nous fait terriblement souffrir. Nous débarquons bientôt sur les roches qui dominent le Lot. En contre-bas, gabarres et petites embarcations de plaisances naviguent tranquillement sur les eaux calmes du Lot dont le cheminement ressemble à un long et large serpent.

             La descente se trouve de nouveau sur les bords de la colline, se partageant entre marches, grosses pierres et points de vues somptueux qu'il ne faut cependant pas admirer trop longtemps et rester concentré sur son pilotage. De retour dans la vallée, les kilomètres s'égrènent, lentement, à mesure que les heures tournent, nous annonçant la chaleur implacable du soleil à son zénith. Après cette descente, la montée suivante ne tarde pas à se présenter. Encore longue, très longue, elle nous emmène sur les plateaux de Costeraste. A présent, le plus dur est derrière nous. vlcsnap-2014-06-26-22h27m59s61Ce qui nous attend ici va nous permettre de donner un peu plus de vitesse. Larges chemins ou traces plus réduites, ça va dans tous les cas bien plus vite, d'épais nuages de poussières se soulevant à chaque gros coups de freins. L'on s'éclate comme des mômes, les douleurs, les doutes et les remises en question passés n'ayant plus lieu d'être. Juste reste le plaisir de rouler, d'enquiller ce grand plateau qui n'a pas vraiment travaillé aujourd'hui et de filer comme le vent, jusqu'à ce que nous arrivions à un nouveau point de vue sur les vallées. L'arrêt contemplation est obligatoire. Pendant que certains immortalisent l'instant, d'autres dévalent déjà la dernière pente vers Laroque-des-Arcs. Du même tonneau que les précédentes, plus rien ne nous surprend maintenant, et nous nous jetons à son assaut, fascinés mais conscient que le moindre faux-pas peut faire très mal. Nous n'en perdons pas une miette, nous savons la fin imminente. Et effectivement, nous regagnons le départ sur le plat de la route, mettant un terme à ces quarante-sept kilomètres et ces quelques quatre heures de pédalage.

 

vlcsnap-2014-06-26-22h29m12s9             Ainsi terminons-nous cette édition du Roc Cadurcien 2014. Heureux, fatigués, endoloris, ce fut dur, très dur, moralement, mentalement, physiquement, mais grand dieu que ce fut bon ! Merci pour de tels moments, pour ces quelques heures en virevolter en vos terres, à découvrir des singles de rêve, des paysages et panoramas laissant rêveur, des passages bien trop technique pour moi mais que je n'oublierai pas de sitôt ! Du rêve, vous nous avez donné du rêve ce matin ! Le dépaysement fut total, l'échappée totale, souvent loin de la civilisation, perdu en ce cosse toujours plus surprenant. Comment conclure ce récit sans répéter encore et encore les mêmes adjectifs flatteurs ? Comment ne pas tomber sous le charme des ses monotraces rocailleuses à souhait, de cette difficulté très élevé, vous forçant à toujours repousser vos limites ? Et ce combat contre soi-même n'en est que plus beau s'il se déroule en des terres somptueuses sur un tracé magique ! Un seul mot suffira pour conclure cette journée, un simple mot, que beaucoup de nos jours oublient trop souvent et qui va pourtant droit au cœur de celui à qui il s'adresse, cinq lettres qui représentent énormément : MERCI !!

 

Votre serviteur, Piw

 

Circuit : 47 kms / Durée : 4h06 / Moyenne : 11,4 kms/h / D+ : 1250

 

(*)http://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Roussillon_%28Saint-Pierre-Lafeuille%29

 

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Publié dans Compte- rendu

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