Raid AglagLot 2012...ou quand Fernand (de Bike a Lot) se lâche.................

Publié le par G58

  
Lu sur le forum Ride Air et tellement irrésistible que j'ai fait fonctionner le copié-collé   (Tu   m'en veux pas Fernand ??)
           
Thierry Tran-duc
Cette fois, plus d'issue. Pas possible de faire autrement, on a déjà rôti les 2 chats, ma plus jeune fille s'est mangé un bras, il faut que j'aille au ravitaillement. C'est mon devoir de chef de tribu.
Je m'habille, lentement, en pensant que ce sont peut-être mes habits de deuil. J'utilise la totalité du kit de survie. Il fait -15° sous abri, avec un vent du nord à 40 km/h (véridique).
Ma femme pleure, essaie de me retenir, mais je sais où mon devoir est.
Mon fidèle destrier, conscient de la gravité de la situation, est déjà habillé de noir. Un signe ...
Premiers coups de pédale pour descendre du village, la neige vierge crisse sous les pneus teutons qui en ont vu d'autres pourtant. Sur les portions déjà empruntées par quelques véhicules (probablement des tribus primitives et leurs traineaux), le vélo glisse, danse et fait quelques embardées. C'est rigolo, mais je me concentre sur la mission.
On sort des voies jadis carrossables, et plus aucune empreinte humaine ne persiste. Je vois juste quelques pas de lapin, qui a sauvé sa peau.
Malgré le froid pinçant, le trajet en sous-bois est très agréable. la neige n'est pas transformée, craque de plaisir à chaque pénétration de mes gommes, et tient plutôt bien. Première bosse, et il faut pas mal forcer en danseuse pour s'extirper des griffes de glace, tout en chargeant l'arrière pour ne pas déraper.
Le soleil apparait et malgré la gravité de l'instant, je perçois la beauté de la nature.
Après quelques kilomètres, j'aperçois les premiers signes de la civilisation. Quelques traces de véhicules terrestres me font chavirer mais pas tomber. Je frémis à l'idée de ma victoire imminente, et je me déconcentre. Erreur fatale : une source gelée, légèrement en dévers, se jette sous mes roues, et je ne peux rien faire. Bing ! C’est la chute idiote. Je calcule mes pertes, et à part un bleu sur le devant de la carlingue, et une grosse éraflure à l'amour-propre, je repars. Encore 2 bosses mettent mes muscles à l'épreuve, mais j'arrive à l'intendance. Le marché n'a pas eu lieu bien sûr, et je me rabats sur l'infâme Ming Li, qui vend ses denrées frelatées à prix d'or. Il se gausse en me voyant. Je me charge de quelques provisions, et me déleste de mon or.
Je repars chargé de mon butin.
Tout se passe bien pendant la moité du parcours. Puis, je me lance dans la pente vierge abrupte (au moins 6°), et j'ai l'impression de voler. Mon vélo love frivole vole. je me grise de la vitesse insensée (au moins 10 km/h), et au moment de tourner : bang ! Une autre ! Bon, moins mal cette fois-ci dans la neige poudreuse. Les yaourts aux fruits ont du me déséquilibrer. La prochaine fois, je ramènerai directement une vache, c'est plus stable.
Je remonte sur le vélo,et accélère un peu la cadence, le froid devenant franchement hostile lors des arrêts.
J'arrive enfin, après la remontée dans le village sans mettre pied à terre, au camps de base sous les hourrahs de la tribu (pourquoi t'as pris ça comme yaourt, j'aime pas les morceaux), conscient de l'exploit et fier du devoir accompli.
 
Et en prime le lien

Publié dans Compte- rendu

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